Les Gilets jaunes - Faits et chiffres

Dans le cadre de sa politique sur la transition écologique, le gouvernement d’Édouard Philippe prévoyait une hausse de la taxe carbone (déjà très impopulaire) pour 2019. Progressivement, une grogne monte, notamment sur les réseaux sociaux.
En effet, alors que de nombreux Français ont un sentiment de déclassement social, la politique fiscale du gouvernement, marquée dans un premier temps par la suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et l'augmentation éventuelle de la taxe sur le carburant, est perçue comme injuste car elle semble accabler une classe moyenne de plus en plus paupérisée tout en privilégiant les élites financières.
Le 21 octobre 2018 est lancée sur Facebook une pétition appelant au « blocage national contre la hausse du carburant ». Cet appel est si suivi et relayé que le 17 novembre 2018 marque le début d’une révolte hors norme qui fera vaciller le pouvoir et provoquera une des plus fortes crises politiques et sociales en France. Ce 17 novembre, 287.000 personnes sont mobilisées sur 2.039 actions réparties dans toute la France.
Affublés de gilets jaunes, tous les Français rejetant la taxe carbone étaient invités à se rassembler sur les ronds-points et bloquer la circulation routière. Une mobilisation appelée à se renouveler tous les samedis tant que leurs revendications ne seront pas entendues.
La réponse du gouvernement ne se fait pas attendre : Édouard Philippe a entendu la colère des Français, mais gardera le cap de sa politique.

Rapidement, le mouvement se radicalise et devient violent, particulièrement à Paris. Les deux semaines suivantes, des bâtiments sont saccagés, l’Arc de Triomphe et les Champs-Élysées sont pris d’assaut et les affrontements entre manifestants et CRS s’intensifient. Des voitures sont incendiées, les grilles des jardins des Tuileries arrachées. Les interpellations et gardes à vue sont nombreuses. La cacophonie règne : les forces de l’ordre dénoncent l’infiltration de Black Blocs (groupuscules altermondialistes issus de la mouvance anarchiste infiltrant des manifestations pour mener des actions violentes) parmi les manifestants, tandis que les Gilets jaunes reprochent un usage de la force disproportionné face à des manifestants pour la plupart non-armés, ainsi qu’une répression parfois sanglante. Dans les faits, on dénombre 2.200 personnes blessées parmi les manifestants et 1.500 au sein des forces de l’ordre entre novembre 2018 et mars 2019.

D’abord inflexible, le gouvernement finit par être contraint de réagir à la contestation qui monte et jouit d’un soutien important dans l’opinion publique. Le Président Emmanuel Macron intervient alors et propose des solutions concrètes : adaptation de la fiscalité des carburants aux fluctuations de prix, grande consultation sur trois mois… Peu parmi les gilets jaunes sont convaincus. Finalement, le gouvernement décide d’annuler l’augmentation de la taxe sur les carburants.

Or, petit à petit, ce n’est plus seulement la « taxe carbone » qui mobilise et provoque l’insurrection : de plus en plus de Français profitent de ce mouvement pour dénoncer la cherté de la vie, leurs fins de mois difficiles. En effet, les revenus disponibles ont tendance à stagner, tandis que le taux de pauvreté culmine à 14 % et les dépenses dédiées au paiement du logement et des transports prennent de plus en plus de place dans le budget des Français, au détriment de la santé et des loisirs.

Ainsi, malgré le recul du gouvernement, la grogne persiste.

Bien que les participants du mouvement affirment brasser une grande diversité d’individus âgés de 18 à 49 ans avec presque autant d’hommes que de femmes, les manifestations des Gilets jaunes sont incontestablement très marquées socialement.
Ainsi, la contestation mobilise avant tout des ouvriers, mais peu de cadres et de professions intellectuelles supérieures. Les Gilets jaunes sont par ailleurs nombreux à venir de communes petites ou rurales, tandis que seuls 6 % habitent en région parisienne.
De même, alors que les Gilets jaunes affirment être trans-partisans et concilier toutes sortes d’idéologies politiques, force est de constater qu’une majorité d’entre eux sont des électeurs du Rassemblement national.
À la lumière du mouvement des Gilets jaunes se dessine une France scindée : les Gilets jaunes et leurs soutiens, et les autres. La France qui va mal contre la France qui va bien.

Malgré une longévité rare pour un mouvement contestataire, les Gilets jaunes ont fini par s’essouffler, et ce, en dépit de quelques sursauts de mobilisation en début d’année 2019. Sans doute, l’absence de leader reconnaissable, le manque de politisation, la baisse de soutien de la part des Français et une répression policière brutale ont-ils eu raison des Gilets jaunes.

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