Le nationalisme en France - Faits et chiffres

Comme de nombreux concepts politiques, la notion de nationalisme est à employer avec prudence, tant sa signification peut évoluer avec les époques et les cercles dans lesquels elle est employée.
Aux 18ème et 19ème siècles, le nationalisme désigne le principe autorisant un peuple, uni par des liens tels que la langue, la culture ou l’histoire, à former un État-nation. Le nationalisme rejoint alors la notion d’« autodétermination des peuples » (ou « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ») à une époque où des territoires comme par exemple la Belgique, qui n’était pas encore unifiée, revendiquaient leur désir d’indépendance et de former une seule et même nation.
Le terme de nationalisme est aussi attribué à une théorie politique affirmant la supériorité de l’intérêt national par rapport aux intérêts d’autres classes, groupes de la dite nation ou d’autres nations.

De nos jours, le terme « nationalisme » est employé pour parler d’une idéologie dans laquelle la nation, son identité, ses valeurs, sa culture, son histoire, son territoire sont sacrées et à préserver coûte que coûte. De fait, le nationalisme, aujourd’hui, s’inscrit souvent en opposition aux autres cultures et nations, et laisse le champ libre à la xénophobie, le racisme et tout autre genre de discriminations, voire même aux conflits armés. « Le nationalisme, c’est la haine des autres », écrivait Romain Gary en 1945.
Paradoxalement, c’est avec l’avènement de la mondialisation que le nationalisme a trouvé un nouvel essor à partir de la fin du 20ème siècle. La globalisation n’a en effet pas seulement réduit la notion de frontières, elle a aussi eu tendance à mélanger les populations et les cultures avec beaucoup plus de facilité et de rapidité que jamais auparavant. Mais le réel problème est qu’elle a creusé les inégalités culturelles et surtout économiques entres les classes sociales, avec d’un côté les « gagnants » et de l’autre, les « perdants » de la mondialisation.

La tentation nationaliste est aujourd’hui présente dans de nombreux pays comme les États-Unis, le Brésil, l’Italie, ou encore la Grande-Bretagne. Et la France n’est pas épargnée non plus, en atteste les résultats électoraux du Rassemblement national (anciennement Front national) lors des dernières élections présidentielles et européennes.
À une époque instable où le chômage peine à diminuer, où l’emploi se précarise, où le taux de pauvreté augmente, où les attaques terroristes se succèdent, où la société et ses mœurs évoluent parfois plus vite que les esprits, le désir de se replier sur soi et ses valeurs traditionnelles comme dans un cocon rassurant est très grand. Et ce repli, parfois, s’exprime par le rejet, voire la violence.

Ainsi, en 2018, on dénombrait 1.137 délits à caractère islamophobe, antisémite et xénophobe. La même année, le nombre d’actes antisémites était en hausse et près de 20 % des Français sondés admettaient être racistes.
Par ailleurs, 60 % des Français estimaient qu’il y avait trop d’immigrés en France.

Pour autant, le nationalisme n’est pas un état de fait ; il est un symptôme. Si les Français ont peur de l’autre, c’est avant tout parce qu’ils vivent en insécurité par rapport à l’avenir. Une insécurité d’autant plus insupportable qu’ils se sentent abandonnés, incompris par leurs gouvernants. Un sentiment qui s’est d’ailleurs exprimé vivement en 2018 et 2019 avec le mouvement des gilets jaunes.

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